Perpignan est une ville intensément belle, caniculaire, pauvre, inégalitaire, colorée, cosmopolite, enclavée, violente, musicale…
La faiblesse du tissu économique et l’enkystement dans une économie et une société de la rente se déroulent sous fond de tensions sociales récurrentes, avec une hausse continue du chômage et des indicateurs de pauvreté. Les difficultés sociales de la ville que nous voyons s’inscrivent dans un temps long qui situe la trajectoire de Perpignan dans un déclassement ancien et complexe.
En produisant une socio-histoire de la ville remontant aux années 1950, les auteurs démontrent que le moment de rencontre sur le marché électoral qu’est la municipale de 2020 est en fait l’effet d’un processus de droitisation. La victoire du Rassemblement National en 2020 face au maire sortant Jean-Marc Pujol (Les Républicains) n’est ni une effraction démocratique ni un accident civique, et éclaire aussi bien les enjeux sociaux locaux que politiques nationaux.
Publier un ouvrage quant à la plus grande municipalité RN c’est ouvrir la boîte de Pandore des réceptions biaisées. Traiter d’un territoire connu pour ses chapelles, ses clientèles, ses fragments, relève de la gageure. Nombre de questions posées à cette ville existent ailleurs, qu’il s’agisse de la déstabilisation du champ politique, de la difficulté des élites à lire le réel, ou des rapports Centre-Périphérie…Il s’agit de nourrir la réflexion locale sur le développement et de participer de la réflexion globale sur la conquête politique par le national-populisme. Perpignan n’est ni un modèle, ni une exception : c’est un révélateur.







